Alcool, drogue et autres dépendances en débat à la salle Grossemy
mercredi 04.02.2009, 04:50 – La Voix du Nord

Les acteurs ont incarné la dépendance à l’alcool, aux médicaments et même à la consommation
| PIÈCE DE THÉÂTRE |
Hier, la troupe Klein/Leonarte a bousculé les spectateurs de la salle Grossemy au cours des deux représentations de sa pièce « Addict ». Une vision crue mais réaliste des phénomènes d’addiction en tout genre. Dans le public, professionnels et lycéens ont été bluffés.
PAR SYLVAIN DELAGE
Fallait-il en rire ou en pleurer ? Hier après-midi, pour la première représentation de la pièce Addict, écrite par François Leonarte et mise en scène par Maryline Klein, les 200 spectateurs étaient partagés entre grimaces et fous rires, devant la remarquable prestation de la troupe parisienne. Juste sous leur nez, ils ont assisté à la cruelle descente aux enfers de personnes dépendantes aux multiples visages : une toxicomane en plein délire, un accro aux médicaments, une acheteuse compulsive engluée dans ses factures, un alcoolique noyé dans sa solitude, une obsédée des formules amincissantes… L’un des comédiens a même poussé le vice jusqu’à prendre une douche de vin totalement dénudé, ce qui a fait sensation dans le public.
Provocation délibérée ? Exagération à outrance ? Si seulement. Dans un souci d’authenticité, la troupe s’est pourtant basée sur une trentaine de témoignages pour concevoir cette pièce, avec l’aide d’associations spécialisées. « Et certains nous ont avoué qu’ils prenaient parfois des bains au whisky », a expliqué Maryline Klein durant le débat qui a prolongé la représentation.
Sept représentations
Addict a été créée il y a trois ans. La troupe s’était déjà produite dans le Pas-de-Calais en 2007. Cette fois, elle y revient pour sept représentations successives, à l’invitation de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. « C’est une autre forme de communication, plus originale et ludique qu’une conférence classique », précise François-Xavier Deal, directeur de l’antenne départementale. Pour le coup, il avait invité hier après-midi plus de 200 professionnels, concernés de près ou de loin par ces dépendances (assistantes sociales, enseignants, infirmières scolaires, médecins du travail…). Et aussi quelques lycéens. « Je me suis un peu reconnu dans l’un des acteurs, même si c’est dans une moindre mesure, a notamment déclaré Charly, 20 ans, en terminale professionnelle à Oignies. L’alcool, ça démarre comme ça dans les fêtes. Et je ne me verrais pas sortir en boîte à jeun. » Un père de famille a confirmé : « Ça m’a rappelé des souvenirs par très drôles, moi qui ai connu des problèmes de toxicomanie avec un jeune. Mais je trouve ça formidable, tout ce que ces acteurs nous ont envoyé à la figure. » Reste à espérer qu’une telle pièce puisse avoir davantage d’impact sur les jeunes qu’un simple spot publicitaire. •